Un matin, fait de rien, pour en faire… un rêve plus loin.
Un jour de plus sur terre, une grève de plus dans l’air. Mon pote le 7h17 et moi nous sommes donc de nouveau retrouvés pour aller nous perdre dans l’ouest parisien. Et de nouveau, il m’a offert un spectacle magique.
Cette fois, pas question de sombrer à la somnolence. Dès la sortie du porche de la gare, je cherche des yeux les premiers halos de lumières dans la nuit noire. A peine sommes nous en route qu’ils sortent déjà! Le soleil n’est plus très loin, il arrive et le spectacle promet de m’éblouir tout le trajet.
Nous traversons les gares à toute allure. Elles semblent un décors de cinéma encore inanimé. A cause de notre vitesse, les voyageurs sur le quais sont figés. C’est un tableau, mais en trois dimensions. Les sources de lumière sont faibles chacune, elles éclairent avec peine leurs abords. Mais elles sont diverses et les contrastes qui en ressortent sont plus forts. Chaque objet ou personne est ainsi une composition d’ombres et de lumières. Certaines zones restent dans l’obscurité, elles ne sont là que pour faire exister les entités qui sont éclairées. On croirait un musée, une reconstitution. Comme un enfant crée un monde avec ses jouets, quelqu’un aurait tout agencé pour le plaisir de la contemplation. Tout est là, parfait, il n’y a plus qu’à appuyer sur “play”.
En regardant cette vitre derrière laquelle se joue ce chef d’oeuvre de la nature, je rêve alors à des métros projetant sur leurs fenêtres des paysages tridimensionnels défilants. Un paysage bucolique, une plongée abyssale, un voyage au centre de la terre, une fuite dans l’espace, une traversée en orient express ou encore une virée dans le Paris d’autrefois, au milieu des perruques et des chiens errants. Voilà qui occuperait nos circonvolutions citadines.
Trente minutes qui sont passées en cinq, ce doit être ça, voyager à la vitesse de la lumière.
Filed under: Frontier Psychiatric on November 23rd, 2005
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